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Mise en place de la Ceni : L’opposition rejette le « 9-1-5 » de la majorité et exige le « 5-5-5 »

La majorité présidentielle oppose à l’opposition la notion d’équité pour lui proposer un seul poste contre 9. L’opposition de son côté, se fondant sur la même notion, propose que les 10 postes de la Ceni qui reviennent aux partis politiques soient repartis sur la base de 5 contre 5. Une dizaine de partis politiques maliens se réclamant de l’opposition ont animé, le 10 août 2011, une conférence de presse pour dire non au « 9-1-5 » et oui au ».  « La mise en place consensuelle de la Ceni n’est pas effective. Depuis plusieurs semaines, le Matcl n’arrive pas à trancher le différend qui oppose la majorité à l’opposition autour des quotas en appliquant strictement la loi électorale. Au contraire, il a pris fait et cause pour sa majorité qui veut imposer à l’opposition le 9 contre 1 et manœuvre secrètement pour affaiblir et diviser l’opposition ».

C’est en ces termes que s’est exprimé Dr Oumar Mariko, secrétaire général du parti Sadi. Il a rappelé que le 26 juillet 2011, au cours d’une première conférence de presse ils avaient clairement indiqué que la mission de légitimation et de certification des élections ne peut être remplie objectivement que par la société civile qui joue à la fois un rôle d’arbitre et de contre pouvoir. « Mais, la société civile ne peut être renforcée dans cette tâche que par les partis politiques de l’opposition », a-t-il ajouté. Avant de dire que les partis politiques de la majorité alliés du gouvernement ne doivent même pas siéger dans la Ceni pour la simple raison qu’ils ne peuvent pas être juges et parties. « Tel est véritablement l’esprit de la Ceni et les raisons mêmes de sa création », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que cependant, pour plus de transparence et de justice, notre loi électorale confère aux trois acteurs clés de siéger au sein de la Ceni, mais dans des proportions de partage de voix égale avec la société civile comme arbitre. « C’est seulement dans cet esprit que les 10 sièges des partis politiques sont répartis de façon équitable, en raison de 5 chacun, entre les partis de la majorité et ceux de l’opposition quel que soit le nombre de chaque appartenance », a-t-il indiqué.

Une loi interprétée au gré des circonstances

Selon Dr Oumar Mariko, progressivement, la majorité a réussi à imposer sa vision de la notion d’équité : « Cette année, la majorité voulait rééditer cet exploit en imposant à l’opposition le 9 contre 1 », a-t-il déclaré. A son avis, la majorité, comme son Gouvernement, soutient que l’équité ne signifie pas égalité. Et en procédant à une analyse de l’état des forces dans la scène politique au Mali, il n’existe à leurs yeux qu’une seule opposition : celle qui siège à l’Assemblée nationale, c’est-à-dire le parti Sadi. Selon lui, à ce titre la majorité estime qu’elle n’a droit qu’à un seul siège à la Ceni. « Or, pour nous, la notion d’équité repose sur des valeurs, une éthique et sur la crédibilité.

Elle n’a rien à voir avec la représentation proportionnelle des forces qui est de l’ordre du quantitatif alors que l’équité repose sur la qualité du système », a-t-il révélé. Selon Dr Oumar Mariko, c’est parce qu’il y a déjà un déséquilibre très prononcé des forces, avec d’un côté la majorité présidentielle qui dispose de moyens financiers et logistiques conséquents, une forte influence liée à la gestion du gestion et de l’autre côté l’opposition en position très défavorable, ne disposant pas de moyens financiers ni de statut officiel de parti de l’opposition digne de ce nom, que l’équité doit intervenir pour assurer et garantir la crédibilité de notre système démocratique. « Or, notre fameuse majorité gouvernementale l’interprète à rebours en parlant de 100 partis politiques contre un ou deux partis de l’opposition qu’il faut réduire à la portion congrue, faussant ainsi et l’esprit et la raison d’être de la Ceni qui est au fond une méfiance organisée de l’opposition vis-à-vis de la majorité », a-t-il révélé.

Pour Dr Mariko, « gagner la bataille de la Ceni est un grand pas vers des élections crédibles en 2012 au Mali ». Abondant dans le même sens, Modibo Sangaré, Président du parti Unpr, a indiqué : « Nous soupçonnons le gouvernement et les partis de la majorité de vouloir organiser des élections frauduleuses en 2012. Pour cela, nous exigeons notre présence à la Ceni pour pouvoir jouer notre rôle de supervision ». Pour sa part, Ouanargoum Cissé, secrétaire politique du Bara, a été on ne peut plus clair : « Les partis politiques de la majorité sont dans un dispositif d’organiser la fraude lors des élections de 2012. A cet effet, ils ne souhaitent pas avoir un nombre élevé de représentants des partis politiques de l’opposition à la Ceni ». Avant de conclure que la majorité est dans la démarche d’avoir une Ceni aux ordres.

Assane Koné

Source : Le Républicain – Maliweb

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