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Printemps social malien

Le coup d’état au Mali est en train de révéler un mouvement de fond, puissant, celui de des frustrations d’une grande partie de la société. cela revient dans beaucoup de conversations, et cela se crie dans les rues ces jours-ci : au bout de dix ans de régime ATT, le bilan pour la jeunesse, en particulier, est terrible : chômage, corruption pour accéder aux emplois de la fonction publique (y compris semble-t-il dans la police, on me parle d’un pot de vin d’un million de francs cfa (1500 euros) pour être intégré), et augmentation des prix des denrées de première nécessité en raison, notamment, de manipulation des prix par quelques gros commerçants proches du régime. Le régime qui vient d’être renversé, naturellement. Ce matin, à Bamako, il y avait une manifestation de soutien à la junte, au nom imprononçable (Comité national pour le redressement de la démocratie et le redressent de l’état, CNRDR), et dans la foule (au moins vingt à trente mille personnes, un jour de semaine, c’est beaucoup), énormément de discussions sur ces thèmes.

Lire l’article sur afrique.blog.lemonde.fr : Printemps social malienCela touche les innombrables associations de jeunes qui ont décidé de suivre la junte, et mobilisent en sa faveur, mais pas seulement. Par exemple Mamadou Coulibaly, un retraité (âgé de 73 ans) qui était inspecteur des finances et affirme qu’une « opération riz » a été mise au point par un cartel de commerçants pour augmenter le prix de cette denrée. L’équation dans les rues de Bamako, ces jours-ci, pourrait se résumer ainsi : ATT = corruption = petit groupe de profiteur = misère pour le peuple. La rancoeur qui est apparue à l’occasion du putsch ne doit pas être sous estimée, elle est immense. Et pur beaucoup, cet état de fait est le fuit du « soucie occidental » du président ATT. Un discours populiste associe tous les errements du régime ATT à l’occident, et ce main, le nombre de slogans anti-français était considérable. Une pancarte « Abbas la France » résumait assez bien le sentiment général. Bien sûr, il est important de séparer les deux questions; D’un côté, un malaise social d’une grande profondeur, négligé jusqu’ici et dissimulé par l’écran démocratique, limité à l’organisation des élections et le fait qu’aucun président n’ait eu la fâcheuse idée de changer la constitution pour s’éterniser au pouvoir.
Il est impossible de dire quel sera l’avenir des capitaines de la junte, pardon du CNRDR qui sont au pouvoir à Bamako, puisque l’organisme régionale, la Cédéao (Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest), a enté depuis lundi soir, à Abidjan où elle se réunissait, un plan d’urgence pour convaincre les hommes du capitaine Sanogo de quitter el pouvoir à Bamako au profit d’une solution de transition, qui pourrait être pilotée par le président de l’Assemblée nationale, qui n’a ruait pas le droit de se présenter lors d’élections qu’il organiserait. Un modèle qui a fonctionné en Guinée voisine. Du reste, c’est le président de la transition guinéenne qui pourrait être nommé médiateur pour tenter de reproduire l’expérience à Bamako. Quel que soit le résultat de ces démarches, il serait coupable de négliger l’avertissement qui est donné, même au risque du populisme, dans les rues de Bamako. C’est un début de printemps social qui est en train de se mettre en place et il ne sera résolu par l’organisation d’élections.

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