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Crise politique et institutionnelle


Pour une convention nationale afin de donner vie à nos institutions et construire un nouvel avenir démocratique.
Après les évènements du 22 mars 2012, les forces politiques, syndicales et sociales du pays se réunirons dans le cadre d’une convention populaire pour définir un nouvel avenir démocratique pour le Mali. Cette convention nationale qui était prévue le jeudi 5 avril au Centre International de Conférence de Bamako a été reportée pour permettre aux différents acteurs de mieux se préparer.
Dans la perspective de la tenue de la convention Nationale, les partisans de l’ancien régime réunis sous la bannière du FDR (Front pour la Défense de la Démocratie et la République) font de la résistance et manœuvrent en sous-main pour faire échec à la Convention. Adossés à la CEDEAO, les dirigeants du FDR exigent le rétablissement des institutions, (NDRL Le Président du CNRDE l’a fait depuis le 1er avril) et la nomination du Président de l’Assemblée Nationale le Pr Dioncounda Traoré par la Cour Suprême, comme Président de la République, pour conduire la transition à l’issue de laquelle seront organisées des élections transparentes libres et démocratiques.
Cette position du FDR qui regroupe les principaux partis de la mouvance présidentielle dont l’ADEMA, (Alliance pour la Démocratie au Mali) le PARENA (Parti de la Renaissance Nationale), l’URD (l’Union pour la République et la Démocratie), le PDES (Parti pour le Développement Economique et Social), l’UNTM ( Union Nationale des Travailleurs du Mali) et une multitude d’associations et d’organisations de la société civile dont la plupart était largement inféodée au pouvoir déchu et profitait largement de sa générosité, n’est pas partagée par les autres fronts et mouvements qui se sont constitués.
Les arguments majeurs brandis par les autres fronts notamment le Mouvement Populaire du 22 mars composé d’une soixante de Partis et d’organisations de la Société Civile coordonné par le Parti SADI, la Convergence Patriotique pour le Mali, l’Alliance des Démocrates Patriotes (ADPS), se résument au fait que la responsabilité de la situation catastrophique que vit le Mali en incombe en premier lieu à ATT et ses alliés. Afin d’éviter une nouvelle situation de désastre, ces différents fronts s’opposent à une transition dirigée par le Président de l’Assemblée Nationale. Ils proposent le rétablissement des Institutions, mais avec des hommes nouveaux qui auront la charge de faire franchir au pays cette passe difficile. Au regard du contexte national, cette position est la plus juste.
L’écroulement du système politique et étatique du Mali se profilait à l’horizon depuis l’avènement d’ATT au pouvoir en 2002. Son arrivée à la tête du pays a favorisé la constitution d’une ploutocratie, d’émergence de rentiers d’Etat, le développement effréné de la corruption, le bradage de nos richesses minières et nos terres aux sociétés multinationales.
Sous le régime ATT, c’est la liquidation de l’Etat en tant qu’autorité publique centrale qui décide, oriente, encadre, contrôle et sanctionne et est reconnu et respecté par les acteurs nationaux et internationaux. A ce titre tableau, s’y ajoute l’abdication et la dégénérescence de cette partie de la classe politique sans âme, sans moralité, sans honneur, regroupée aujourd’hui au sein du FDR qui a érigé la prostitution politique en mode d’existence et qui a abandonné l’espace politique pour se remettre à la remorque du pouvoir de Amadou Toumani Touré. Cette trahison nationale a été légitimée par la théorie du consensus.
A la faveur de la nouvelle conjoncture politique, l’objectif aujourd’hui est de lutter contre la confusion savamment entretenue par certains medias occidentaux et leurs officines de communications venus en renfort au régime déchu d’ATT. Ils ont donné un habillage démocratique à son régime et l’ont érigé en modèle de gouvernance.
Le nouveau pouvoir du CNRDE s’est installé dans un contexte où l’ordre constitutionnel est devenu une coquille vide au contenu creux, qui n’a aucune réalité, ni vitalité. L’Assemblée Nationale, dont l’écrasante majorité des élus était aux ordres, malgré la gravité de la situation, n’a rien pu imposer à l’exécutif pour que notre armée soit équipée, bien formée, mise dans toutes les conditions.
La menace extérieure sur l’intégrité territoriale du Mali s’est matérialisée avec la bénédiction des puissances occidentales, la France notamment, pour affaiblir l’Etat malien, le désintégrer et faire main basse sur les richesses minières et énergétiques et les atouts géostratégiques. La première priorité doit être orientée non pas sur les élections, mais sur l’unicité du pays, sur la défense de l’intégrité territoriale, mais mettre en place une économie de guerre (une situation d’exception).
Concernant le retour à l’ordre constitutionnel, les maliens savent que cette constitution n’a pas eu d’effet réel, n’a jamais été traduit dans la réalité de façon globale tout comme les autres institutions de la République comme l’Assemblée Nationale, la Cour Constitutionnelle, la Cour Suprême.
Personne ne songerait dans une situation exceptionnelle comme celle que nous vivons aujourd’hui avec la crise politique, morale et institutionnelle (divorce entre les citoyens et les instituions) et cette guerre qui menace l’existence même de l’entité nationale du Mali, à faire appliquer à la lettre une constitution qui n’est pas fonctionnelle et dont le caractère inopérant a été étalé au grand jour et s’impose à la conscience nationale. Il faut changer de thérapie lorsque la première recette n’a pas été efficace pour soigner la maladie. Le cadre constitutionnel républicain ne peut-être qu’une référence symbolique et de guide pour affronter la nouvelle réalité et construire un nouvel avenir démocratique pour le Mali.
L’élément constitutif primordial et fondamental de l’intérêt supérieur de la nation c’est le fait d’exister d’abord : sa présence au monde dans son intégralité, son intégrité et son unité.
Aujourd’hui, les considérations politiciennes sur la transition et le processus électoral défendues bec et ongle par le FDR et ses alliés objectifs (France, Union Européenne, Etats-Unis, CEDEAO, UA) son secondaires et constituent même une diversion par rapport à la priorité cruciale du moment pour notre pays. Les amis du Mali, s’ils ne font pas la lucidité de faire preuve de compréhension, œuvreraient objectivement dans un sens qui nuirait très gravement aux intérêts des maliens.
Nouhoum Keita

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