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France-Afrique, le mensonge permanent (3)

Rumeurs, désinformation, fausses nouvelles, manipulations ne sont que des variantes de ce qu’il est convenu d’appeler mensonge.

La question de l’affrontement désigné par la presse comme affrontement Hamadoun Traoré/ Oumar Mariko n’y fait exception.

La vision transmise par cette presse est celle d’un affrontement entre deux personnalités. Si la polémique engagée n’avait conduit à la mort et à l’hospitalisation de de plusieurs personnes, on serait tenté de considérer que les propos rapportés ne dépassent guère le niveau d’un règlement de compte de cour d’école.

C’est une vison simpliste qui ne sert que la propagande de la contre-révolution malienne et des médias dont elle partage l’idéologie.

Il convient de poser la question en termes politiques et non  en termes de rapports personnels, même si cette dimension peut exister, au moins pour ce qui concerne Hamadoun Traoré, cela ne concerne en rien le peuple malien.

S’il existe un conflit, c’est celui qui découle de la défense de deux intérêts inconciliables. La direction actuelle de l’AEEM s’est alignée sur les thèses de la bourgeoisie affairiste chassée du pouvoir par les militaires le 22 mars dernier. Le Docteur Oumar Mariko est bien connu pour ses multiles prises de positions pour la défense des intérêts du peuple. Cela depuis bien longtemps et bien avant les dramatiques événements qui se sont succédés au Mali.

Dès lors, en analysant cette succession d’événements, d’un point de vue politique, deux faits méritent d’être rappelés :

- Non seulement le régime déchu a été incapable de financer le fonctionnement des universités publiques. Seules les institutions privées et donc, seuls les privilégiés dont les familles sont en mesure de faire face aux frais de scolarité, ont pu bénéficier d’un enseignement cette année. Nous sommes donc dans une situation très claire de rapport de classes. La bourgeoisie défend ses intérêts propres au détriment des intérêts de l’ensemble du peuple malien.

- Mais encore, au fait que l’enseignement public supérieur n’a pu fonctionner normalement, il faut encore considérer que seuls environ vingt pour cent de la population malienne a été en mesure, jusqu’à présent, de fréquenter l’école et d’apprendre à lire et à écrire faute de moyens financiers et de structures adéquates.

Ainsi, ces étudiants qui fréquentent les universités privées sont donc déjà doublement privilégiés et de plus, ils bénéficient d’un troisième privilège : celui d’accaparer les emplois et les postes directement liés aux intérêts économiques des multinationales et aux postes de la Haute  Administration malienne. Or, à propos de cette administration, il est écrit en page 66 du rapport d’information 4431 de l’Assemblée nationale française :

« Plusieurs facteurs jouent en défaveur du contexte sécuritaire malien actuel. Tout d’abord, on ne peut que déplorer, dans ce pays, un niveau de corruption trés important, supérieur sans doute au reste d’une région pourtant fortement touchée par ce phénoméne. »

Ou encore en page 91 :

« En conséquence, il est indispensable de travailler sur les questions de renforcement des capacités institutionnelles des Etats et de consacrer une part importante de l’APD (Aide Public au Développement) à ces aspects. Au-delé des axes sécuritaires, des moyens policiers et militaires, la lutte contre la corruption devrait étre privilégiée, de méme que l’appui aux mécanismes permettant une gouvernance économique et financiére transparente. »

Lorsque un dirigeant syndical appel au lynchage un adversaire politique comme la presse s ’n est faite l’écho pour ce qui concerne le Président de l’AEEM, il est extrêmement important de ne pas se laisser emmener sur un terrain qui relève des ambitions ou des manipulations de cet adversaire politique. A se comporter en petit général à l’égard de ses troupes, poser les questions : quels intérêts défend-t-il ? Aun nom de qui ? Pour quoi ? Pour qui ? Lui fera rapidement perdre tout crédit auprès des étudiants et lycéens dont il se prétend le porte-parole.

Dans cette situation qui amène à s’interroger à propos de « qui manipule qui ? » , il n’en demeure pas moins que plusieurs questions demeurent sans réponse.

C’est bien mal connaître le Docteur Oumar Mariko de considérer que dans la situation actuelle que traverse le Mali, il se détournerait des ses tâches et responsabilités politiques les plus urgentes pour s’engager dans une polémique stérile avec un dirigeant syndical étudiant. Soyons sérieux, les questions à résoudre sont autrement plus complexes que de perdre du temps à s’invectiver mutuellement.

De même, c’est bien mal connaître Omar Mariko d’imaginer qu’il puisse appeler au meurtre d’un syndicaliste étudiant ou, simplement, de quiconque d’une façon plus générale. C’est pourquoi, il est souhaitable que tout la lumière soit faite sur la succession d’événements qui a conduit à ces affrontements.

Si les intérêts défendus par le Docteur Oumar Mariko sont connus puisque c’est un homme public, on est en droit de s’interroger à propos de l’intervention de ce dirigeant syndical étudiant sur la scène politique malienne. De nombreux intérêts sont en jeu et déjà une première fois, des manifestation de foule, totalement infondés et totalement injustes ont conduit de nombreux habitants de Bamako originaires des régions du Nord à s’enfuir pour ne pas faire face à la vindicte de la foule. Il est donc de la première importance de demeurer disciplinés et de ne pas s’égarer sur des champs de bataille tout à fait secondaires pour ce qui concerne les militants et sympathisants du SADI, du MP22 et du réseau Kayira.

 

N’Tji Traoré

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