DECLARATION MAITRE MARIAM AU PEUPLE MALIEN
Peuple fier du Mali, lève toi pour barrer la route à la tentative de recolonisation que certains de tes fils, apatrides veulent t’imposer par le biais de notre organisation sous-régionale, imaginée et créée par les pères fondateurs de nos indépendances pour l’unité Africaine, gage de développement harmonieux de notre continent !
En effet, depuis le 22 Mars 2012, date de la fuite du Général Président Amadou Toumani Touré suite à l’insurrection armée de l’aile progressiste de notre armée, notre pays, le Mali, est la cible des puissances impérialistes qui cherchent avec l’appui de certains politiciens véreux, regroupés au sein du FDR, à confisquer notre souveraineté.
Soutenus par les éléments les plus réactionnaires de la CEDEAO, ces politiciens ont tenté, à travers un contre coup d’Etat opéré les 30 Avril et 1er Mai, à renverser la situation créée par les évènements du 22 mars 2012.
La CEDEAO veut coûte que coûte, malgré l’opposition de notre Peuple, faire venir des mercenaires, et cela en violation des textes de la CEDEAO, de l’UA et des Nations Unies.
Elle essaie d’imposer à notre peuple un Président pour exécuter ses basses œuvres, en la personne du Prof Dioncounda Traoré. Nous avons réclamé en vain une conférence Nationale Souveraine.
Le Premier Ministre désigné par le CNRDRE sous l’égide de la CEDEAO, mais qui vient parachever la politique réactionnaire de Moussa Traoré refuse lui aussi d’organiser les assisses nationales réclamées par une large majorité de la population.
En rappel, il est à souligner que le CNRDRE constitué par l’aile progressiste de notre armée qui s’est emparé de pouvoir d’Etat en suspendant la constitution du 25 février 1992, par la voix de son Président Amadou Haya SANOGO dans une première déclaration, le 1er Avril 2012 s’est engagé à réinstaurer l’intégrité du territoire national et assurer la paix et la tranquillité institutionnelle ;
Il s’est en outre engagé à organiser la Convention Nationale Souveraine pour permettre la gestion de la transition pour un Mali nouveau.
Les membres de l’ancien système se sont constitués en un mouvement dénommé FDR et ont appelé la foudre des dirigeants corrompus apatrides de la CEDEAO sur la tête de notre Peuple.
La CEDEAO a pris ainsi plusieurs décisions coercitives illégales et illégitimes contre notre pays : embargos, fermeture de frontière.
Pour dénouer cette crise politique, la médiation de la CEDEAO et Le CNRDRE conclurent un accord-cadre du 06 avril 2012 :
- Le CNRDRE s’engage à rétablir l’ordre constitutionnel en activant le mécanisme de la vacance du pouvoir prévue et organisée par les dispositions pertinentes des articles 36 et suivants de la constitution ;
- Une amnistie générale pour les auteurs du coup de force ;
- L’accord de principe des parties signataires pour l’instauration d’une période de transition à l’expiration des pouvoirs constitutionnels du président par intérim.
La cour constitutionnelle, à son tour par arrêt N.20126001/CC/Vacance du 10/04/2012, constate la vacance de la présidence de la République et reçoit le serment de Monsieur Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée Nationale, en qualité de président de la République par intérim du Mali.
L’intérim constitutionnel expirant au plus tard le 22 Mai 2012, l’accord du 20 Mai 2012 est conclu sous l’impulsion de la CEDEAO et prévoit :
- La prorogation de la période de transition à 12 Mois à compter du 22 Mai 2012 ;
- Le maintien dans leurs fonctions respectives de Monsieur Dioncounda Traoré, président par intérim, et Cheick Modibo Diarra comme premier Ministre de Transition et de son Gouvernement ;
- Le vote par L’Assemblée Nationale de mesures législatives d’accompagnement, dont la prorogation, par une loi, du Mandat des députés pendant la période de transition ;
- La reconnaissance du statut d’ancien chef d’Etat au président du CNRDRE avec prérogatives et avantages y afférant.
L’institution inélégante de cette transition heurte les dispositions pertinentes des articles 25 alinéas 1et 2, 121 alinéa 1 et 2 et 118 de la constitution du 25/02/1992.
En effet, l’article 25 alinéa 1 de la constitution stipule que le Mali est une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque, et sociale, et l’alinéa 2 précise que Son principe est le Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
L’institution de la transition avec la reconduction automatique du président par intérim et du premier Ministre est contraire au caractère démocratique et Républicain de l’Etat du Mali.
Car l’exercice du pouvoir politique ne doit se faire que dans un cadre démocratique qui exige la participation du peuple, détenteur de la souveraineté Nationale qui l’exerce par ses représentants et par la votation populaire, comme l’indique l’article 26 de la constitution.
Le caractère démocratique du pouvoir est confirmé par l’article 121 alinéas 2 et 3 de la constitution qui rappelle que le fondement de tout pouvoir réside dans la constitution. Ce qui veut dire que l’accès comme le maintien au pouvoir doit se réaliser conformément aux dispositions constitutionnelles qui renferment la volonté du peuple détenteur de la souveraineté nationale.
En effet, il résulte de l’article 36 alinéas 2 et 3 de la constitution Malienne que le président par intérim doit organiser les élections dans un délai de 21 jours au moins et 40 jours au plus à compter de la constatation de la vacance par la cour constitutionnelle. C’est dire que les élections présidentielles au Mali devraient avoir été organisées au plus tard à la date du 22 Mai 2012 , ce d’autant plus qu’aucune disposition de la constitution n’interdit d’organiser les élections présidentielles ,même, en cas d’ atteinte à l’intégrité du territoire National .
En prorogeant l’intérim , prévoyant ainsi l’organisation de ces élections au cours de la période de 12 mois de transition imposée de fait , la CEDEAO viole les dispositions de l’article 2 alinéa 2 du protocole A/SP1/12/01 sur la démocratie et la bonne Gouvernance additionnel au protocole relatif au Mécanisme de prévention , de Gestion , de règlement des conflits , de Maintien de la paix et de la sécurité qui stipule que les élections à tous les niveaux doivent avoir lieu aux dates ou périodes fixées par la constitution ou les lois électorales.
En outre, le protocole susvisé prescrit en son article 1 alinéa c l’interdiction de tout mode non démocratique d’accès ou de maintien au pouvoir dans l’espace CEDEAO, de même qu’à l’alinéa d il stipule que le peuple doit participer aux prises de décisions dans le strict respect des principes démocratiques.
L’article 4 alinéas j des statuts de la CEDEAO prévoit comme principe constitutionnel la promotion et la consolidation d’un système démocratique de Gouvernement.
Ainsi, la CEDEAO, à travers son médiateur a non seulement foulé aux pieds ces principes mais a surtout contribué à instaurer une situation de non droit en République du Mali, en empêchant la tenue d’assises nationales souveraines au Mali, seul cadre pouvant permettre d’instaurer un dialogue franc entre les différentes couches de notre Peuple pour une sortir viable et fiable de la crise que nous traversons présentement.
Vos signatures sont requises en tant que patriotes maliens pour faire échec à la tentative de néo-colonisation de notre peuple par l’impérialisme international, à travers le Club des chefs d’états africains prédateurs de la CEDEAO, afin que le Parti SADI et les forces démocratiques du changement profond qui le soutiennent dans son procès contre la CEDEAO devant se tenir à l’audience des référés à Abuja le 25 Octobre 2012 puissent gagner.
Sa victoire est la notre !
Soutenons-le de toutes nos forces et par tous les moyens.


