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Déclaration du Parti SADI suite à la tentative de coup d’état
C
e lundi 30 avril 2012 notre pays a été victime d’une agression intérieure planifiée et coordonnée avec des forces extérieures pour arrêter le processus de normalisation en cours, assassiner des chefs miliaires et leaders politiques, systématiser la violence aveugle et installer la guerre civile pour rétablir de force le régime de trahison de Amadou Toumani Touré.
Le Comité National pour le Redressement de la Démocratie et pour le Rétablissement de l’Etat (CNRDRE) ayant mesuré les conséquences de cette violence aveugle, conduite par des forces internes soutenues par des mercenaires étrangers, a apporté une riposte militaire appropriée pour éradiquer ce plan criminel et ramener l’ordre, la sécurité et la paix à Bamako.
Le Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) condamne cette tentative de coup d’état dont l’objectif principal est de restaurer un régime corrompu qui a plongé notre pays dans de crises multiples (crise sécuritaire, crise militaire, crise économique, crise scolaire, crise alimentaire, crise morale, crise politique etc).
Coup d’État du CNRDRE : Les 4 vérités du doyen Seydou Badian
Dans un entretien a bâton rompus avec les journalistes, chez lui, à l’Hippodrome, mercredi dernier, l’auteur de « sous l’orage », soulagé par le putsch du 22 mars 2012, perpétré par les jeunes capitaines, Amadou Haya Sanogo, n’a pas raté l’occasion de démonter les défaillances du système ATT qui, en 10 ans de règne, à mis le pays a genoux, faisant du Mali le damné de la terre des hommes.
Première responsabilité d’ATT l’acceptation des revenants de la Libye avec les armes. Notre armée était sous-équipée, les faits nous l’on montré. ATT est chef suprême des armées deuxième responsabilité. Troisième responsabilité : l’inorganisation de l’armée certaines garnisons demandent de renfort, qui demande même des armes, rien. On a égorgé ceux qui étaient isolés à Aguel Hock. Ces situations ajoutées dans d’autres pays, en d’autre temps, le responsable de ces faits méritait d’être jugé. On ne l’a pas fait. Mais, le désastre, on le voit. Il y’a actuellement 170 mille Maliens à l’extérieur. Pour nous, c’est une humiliation. Jamais le Mali n’a été si bas. ATT nous a traînés dans la boue. Nous sommes devenus la risée de nos voisins. Que faut-il faire ? Entre temps le coup d’état est intervenu. Moi je vous avoue que j’étais pour le départ d’ATT. Je n’aime pas beaucoup les coups d’état parce que j’en ai été victime. J’ai été victime du coup d’Etat de Moussa Traoré. J’ai fait 7 ans à Kidal. Mais j’étais pour que la classe politique exige la démission d’ATT et notre histoire suit son cours.
Malheureusement, ça n’a pas eu lieu. Et, les officiers subalternes, les hommes de rang font leur coup. Quelques dirigeants politiques m’ont demandé comment, mais c’est un capitaine qui est a la tête ! J’ai répondu. « Mais, ce sont les capitaines qu’on a égorgés, ce se sont les hommes de rang qu’on a égorgés. On n’a pas égorgé des généraux, ni des colonels ».
Et on m’a dit que ceux qui sont aujourd’hui responsables du coup d’Etat ont vu leurs camarades de promotion égorgés étriqués. Ils ne peuvent pas attendre, alors que certains dirigeants politiques savaient que les rumeurs de coup d’Etat circulent dans Bamako. Ils savaient quelque chose se préparait, ils ont été voir des généraux, des officiers supérieurs pour les supplier de ne pas faire un coup d’état parce qu’ATT allait partir bientôt. Mais vous savez en 8 jours, on peut commettre des bêtises en 8 jours, on peut faire beaucoup ; un Chef d’Etat il peut faire en 8 jours ce qui ne se répare pas en 10 ans.
Je considère que les jeunes ont fait ce qu’ils avaient à faire. Mais, il faut essayer de s’en sortir. J’ai entendu les grandes déclarations : La CEDEAO. J’ai entendu quelqu’un parler de réinstaller ATT même s’il faut avec les armes. Ça me fait sourire. Mais s’ils installent avec les armes ils vont rester, ils vont nous occuper alors. Par ce que pas question de l’installer avec les armes et de tourner le dos, nous laisser ! Il faut qu’ils assurent sa sécurité. Alors, ces hommes, ces grandes déclarations martiales, quant nous nous étions envahis, nos enfants égorgés, on n’a pas entendu beaucoup de choses. On n’a pas entendu beaucoup de voix.
Alain Juppé est venu, ce qu’il a dit est dans la mémoire de chacun de nous : « Les rebelles ont rempoté un succès, il faut négocier » En somme, nous sommes en position de faiblesse, il faut qu’on accepte leurs conditions, c’est cela. Je n’ai pas entendu l’Union africaine (UA) faire de grandes déclarations, je n’ai pas entendu la CEDEAO faire de grandes déclarations. Il faut négocier… Il faut négocier quoi ? Ces gens veulent le partage du Mali, ils veulent dépecer le Mali. Et, je suis triste de constater que ceux qui veulent le partage du Mali sont bien reçus à Nouakchott et bien reçu a Ouagadougou. Nous sommes devenus quoi ? Nous sommes devenus la risée de nos voisins.
Quid des sanctions internationales et de la CEDEAO ?
Dr Seydou Badian : Vous savez, la situation internationale a beaucoup évolué. L’Occident n’est pas le plus riche, l’Occident n’est pas le plus généreux. Mais nous avons des complexes intellectuels. On est tourné comme des animaux qu’on a dressés, le monde est immense. Ce qu’on nous refuge ici, on peut l’avoir ailleurs et tout et tout de suite ; mais il faut qu’on soit des hommes.
Vous voulez parler des chinois ?
Dr Seydou Badian : Il y’a d’autres… les chinois pour quoi pas ? Il faut qu’on n’ait l’esprit libre, qu’on n’ait pas de complexe qui nous gouverne. S’ils nous coupent ici, on ira ailleurs. Ils savent qu’ils ne sont pas les plus forts aujourd’hui. C’est tout ce que je dis.
ATT parle consensus entre la junte et la classe politique ?
Seydou Badian : Pour le moment, on parle de consensus. Nous ne savons pas ce qu’il veut dire. Je crois que ceux qui pensent que la junte va être vaincue en 48 heures se trompent. Ils commettront des erreurs, des erreurs de départ, mais on ne fait pas ce qu’ils ont fait pour tourner le talon. Parce que un homme a crié à Cotonou, un homme a Libreville ou ailleurs, ils ne partiront pas, c’est des hommes quand ils ont fait ça, ils ont pris des risques, ils ont risqué leur vie. Ils sont venus pour quelque chose, il faut qu’ils l’accomplissent.
Proposition concrète par rapport à la situation au nord, car les rebelles avancent ?
Dr Seydou Badian : Je pense sincèrement que nous avons perdu cette bataille, mais pas la guerre, comme dit l’autre. Par ce que les touaregs, le MNLA, je ne sais pas quoi, ils se trompent. Ça, c’est une guerre sa va durer 100 ans, le Mali ne sera pas divisé ça durera ce que ça durera. Le Mali ne sera pas divisé même s’ils ont le dessus maintenant, nous allons réarmer notre armée, nous allons équiper, sur équipé nos soldats et nous allons les vaincre.
Par ce que je ne vois pas qui, quel est l’Etat qui ouvertement vas les aider. Nous avons la possibilité d’avoir les armes, d’avoir ce qu’ils ont ailleurs et on va s’y mettre, ils ne gagneront pas. Ils peuvent gagner une bataille, ils peuvent gagner une phase, mais le reste dépend de nous, et le reste c’est nous qui le gagnerons.
Je demande aux jeunes gens de soutenir les jeunes qui ont risqué leurs vies pour nous débarrasser de ce système ATT. Je demande qu’ils accomplissent leurs taches, et les généraux qui sont à la tète des circonscriptions il faut qu’ils les enlèvent, il faut détruire le système.
S’ils ne le font pas, ils n’ont pas fini leur travail, il faut déraciner le système. Vous savez, nous avons tous commis une erreur : ATT n’était pas fais pour gouverner ; il n’a ni la culture, ni la franchie morale de diriger un pays comme le Mali. Vous vous rendez compte : «Air cocaïne » c’est nous, « ventre mou », c’est nous. Tout tombe sur le Mali, nous sommes plus bas que terre. Alors, il faut qu’on corrige tout ça, il faut qu’on redresse, il faut que notre pays ait la tête haute. On dit : « Les institutions, les institutions ! ». Vous savez, elles périssent, les institutions, pourvu que la dignité, l’honneur de notre pays, notre peuple soient.
Les élections dans un bref délai ?
Docteur Seydou BADIAN : Quelqu’un a parlé tout à l’heure d’un consensus entre ATT et eux. On va voir ce qui va en sortir. Pour moi, en tout cas, je dis qu’il faut arracher le système. Si on n’arrache pas le système, on a rien fait. Il faut arracher le système, prendre le temps qu’il faut arracher le système.
L’arrivée de la délégation de la CEDEAO ?
DR Seydou BADIAN : ça me fait rire. Qu’est ce qu’ils vont dire ? On les connaît, on se connait. Non le Mali n’est pas une terre que l’on peut fouler impunément, ou l’on peut venir s’amuser ! Le Mali n’est pas une terre où l’on peut venir effrayer : effrayer à droite effrayer à gauche. Ça ne marchera pas. Nous leur demandons, ce sont nos voisins, ce sont nos frères, qu’ils ne se mêlent pas de nos affaires à ce point. Ils ne peuvent pas nous occuper. Ils sont nos voisins. Ils sont nos pairs, mais ils ne sont pas nos maitres. Ils ne sont peuvent pas occuper le Mali. On n’a pas d’ordre à recevoir d’eux.
Transcrit par Hamidou TOGO Source : InfoMatin N°3301 du vendredi 30 mars 2012
Il y’a quelques semaines nous avions écrit à propos de la situation au Mali : Le Mali dans la tourmente …
Notre pays se trouve de nouveau plongée dans une tourmente : Le surgissement violent et inattendu de la rébellion armée du MNLA au Nord-Mali vient nous rappeler cette triste réalité. Le Mali se trouve plus que jamais confronté à l’une des situations les plus tragiques qu’il ait connu ces deux dernières décennies.
Pour la première fois de son histoire, des groupes armés ont planté le drapeau d’une prétendue République de l’Azawad sur une partie de notre territoire ! Ils s’y sont tristement illustrés, abattant froidement des dizaines de soldats de notre armée qui ont vu se refermer sur eux le piège mortel d’un assaut sanglant mené par le MNLA en concert avec Al-Qaïda au Maghreb Islamique. Les horreurs de ce crime de guerre ont poussé les épouses de soldats des camps de Kati et d’ailleurs à prendre la rue et à dénoncer la responsabilité de l’Etat.
Cette colère populaire s’est exprimée avec force devant l’incurie et le larbinisme des autorités plus soucieuses de satisfaire les attentes de la « communauté internationale ».
Au lieu de prendre leur responsabilité et de reconnaître leurs fautes, elles ont accusé des radios libres d’attiser la haine interethnique. Elles n’ont jamais eu le courage de les nommer ni d’apporter la moindre petit preuve de cette accusation fantaisiste. Or, ces radios n’ont fait que leur devoir d’informer en toute indépendance et responsabilité notre peuple qui a mesuré l’extrême désinvolture des autorités, leur déni de justice et d’humanité pour les autres maliens.
C’est justement parce que le sentiment d’injustice qui se traduit au quotidien par la politique permanente de corruption de l’Etat a atteint le seuil du tolérable que notre peuple s’est levé comme un seul homme pour exprimer sa colère et son indignation !
Colère devant ces intermédiaires véreux auxquels il défile tous les jours le tapis rouge, délivre les carnets de chèques, promet monts et merveilles alors que nos compatriotes expulsés de France, de Lybie et d’ailleurs, créateurs de richesse, sont méprisés et ne bénéficient d’aucune assistance particulière !
Colère devant les privilèges injustifiés et régulièrement accordés à ceux qui prennent les armes !
Colère devant les complicités avérées de certains éléments des communautés à tous les niveaux, y compris dans les plus hautes institutions de l’Etat avec les différentes rebellions.
Et le fait que l’Etat malien et la communauté internationale ignorent la souffrance des autres citoyens maliens, des familles de soldats touchées par le deuil, font délibérément une impasse sur les conditions de vie de nos soldats partis au front, et mettent toujours en avant les exodes massifs de réfugiés touaregs, arabes et maures vers les pays voisins choque encore d’avantage !
Enfin colère au regard des investissements disproportionnés par rapport à la situation générale des zones et couches déshéritées du territoire malien. C’est pour cette raison que de nombreuses voix se sont élevées pour demander un audit de tous les projets qui ont été mobilisés dans cette partie du Nord de notre pays. Une façon d’attirer l’attention de l’Etat sur l’urgence d’instaurer une répartition équitable du revenu national entre tous les fils d’un même pays fondement essentiel d’une République indivisible.
La première République, sous la conduite du Président Modibo Keita en avait fait un principe sacré non négociable. Dans la gestion de la crise du Nord-Mali en 1964 sa réponse fut de combattre sans quartier la féodalité qui avait cours au sein des communautés tamasheq en y introduisant le mode électoral démocratique comme seul et unique moyen de désignation des chefs de tributs et de fractions ; de matérialiser la présence de l’Etat en y multipliant les points d’accès à la santé et à l’éducation ; d’aider à la sédentarisation des populations pour rendre plus efficaces les services de l’Etat envers elles ; d’assurer la participation de toutes les composantes ethniques à la construction nationale ; de garantir la sécurité et la quiétude indispensable au développement économique et aux échanges commerciaux, de définir un cadre pour permettre à cette partie de notre Territoire de renforcer son insertion dans la communauté nationale.
Ni la deuxième, ni la troisième République, et encore moins le régime actuel, n’ont réussi à préserver cette vision et cet héritage du Président Modibo Keita. Pendant plus de 4 décennies, les différents régimes ont perdu progressivement leur pouvoir de contrôle sur le territoire.
A cette incapacité notoire, s’ajoutent des enjeux extérieurs qui sont déterminants dans la situation que nous vivons actuellement. Mais ces enjeux extérieurs, pour qu’ils tournent en notre faveur, supposent que nous avons des dirigeants crédibles, qui ont une stature et une carrure comparables à celles de Modibo Keita, du Dr Ousmane Bâ et autres, qui savaient faire porter la voix du Mali dans toutes les arènes. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, hélas !
Seul un Etat fort, doté d’institutions démocratiques fortes et représentatives, est en mesure d’apporter une solution politique définitive à cette question. Au lieu de s’accorder sur cet impératif vital, les partis de la majorité Présidentielle donnent une prime à la mauvaise gestion du Président de la République. Pire, en tant que partis représentés à l’Assemblée Nationale, donc, dépositaires de la légitimité institutionnelle, ils ignorent leur rôle d’interpellation et de contrôle de l’action gouvernementale et partent faire corriger leur copie de sortie de crise par celui qu’ils devraient obliger à prendre ses responsabilités dans ces moments critiques de notre histoire !
Encore une fois, on n’a chassé la morale ! Et dans un pays où les valeurs morales, éthiques, politiques et humaines sont sacrifiées sur l’autel des intérêts individuels égoïstes, il est difficile de faire prévaloir l’esprit de la nation.
Nouhoum Keita,
Etienne Fakaba SISSOKO
Coup d’Etat au Mali : la fin d’un mythe
ATT , le président déchu du Mali, en voulant dédouaner les militaires, avait dit au sommet de sa gloire que les coups d’Etat étaient la conséquence de la faillite des politiques. Il n’avait jamais pensé que cela pouvait lui être appliqué un jour surtout à quelques semaines de la fin de son mandat. Triste destin que celui d’un homme dont la réputation ‘démocratique’ avait été surfaite. Il suffit de faire le bilan de son parcours pour s’en convaincre.
Les occidentaux, pour les besoins de la nouvelle cause démocratique qu’il avait façonnée pour l’Afrique, après avoir soutenu des décennies durant les coups d’Etat et dictatures sanglantes qui avaient essaimé le continent, décidèrent de breveter des hommes et des régimes sortis de leurs laboratoires politiques en les érigeant en modèle de démocratie en Afrique. ATT en a été longtemps le porte flambeau.
On fit croire à son renoncement volontaire à exercer le pouvoir à la fin de la Transition au Mali en 1992. On falsifia le fait que la chute du régime de Moussa Traoré intervint à la suite de luttes populaires héroïques de la part des maliennes et des maliens et que l’armée ne retournera qu’à la dernière minute les armes contre le régime que pour sauver les meubles. C’est dans ce contexte politique que le puissant mouvement démocratique d’alors lui a imposé la fin de la transition malgré la réticence de certains militaires et hommes politiques d’alors. ATT comprit rapidement que le rapport de force ne lui était point favorable. Il accepta de reculer pour mieux sauter. La gestion hasardeuse du pouvoir par Alpha Oumar Konaré lui fit un boulevard pour revenir au pouvoir paré cette fois-ci de la victoire au sortir des urnes. Le manteau démocratique lui fut taillé sur mesure.
Très rapidement il dilapida l’immense capital de sympathie et de populaire qu’il avait su acquérir auprès des maliens même si l’opinion publique internationale continuait à lui tresser des lauriers.
Le bilan de sa gestion du pouvoir fut une calamité pour le Mali : mauvaise gouvernance, gestion patrimoniale du pouvoir, gabegie, corruption généralisée, impunité, discrédit général de l’Etat, affairisme politique, faillite morale… La liste est longue. Les maliens, un peuple si fier de son histoire et de ses valeurs de civilisation finirent par baisser la tête. On avait désormais honte d’être malien.
ATT avait créé autour de son régime un véritable clan de prédateurs qui avaient fait main basse sur les institutions politiques et les secteurs juteux de l’économie. Il fabriqua une majorité politique en achetant les leadeurs politiques de l’ancien parti majoritaire l’ADEMA et ses démembrements le RPM et l’URD. La sauce fût agrémentée avec d’autres partis comme le CNID, son revers le PARENA et toute une flopée de partis alimentaires créés à l’occasion comme le Mouvement Citoyen et dernièrement le PDES.
Il fabriqua à plein régime toute une caste de généraux et d’officiers supérieurs tout aussi voraces qu’incompétents. Faute de bataillons, de compagnies, de brigades et de corps d’armée à commander, il multiplia des postes au sein de l’appareil administratif de l’Etat en guise de prébende. Presque à l’improviste l’administration du pays fut militarisée avec la complicité de la classe politique dans sa grande majorité. De nombreux cadres firent la politique du ventre. L’accès aux postes de responsabilité fut conditionné à l’aptitude à devenir un courtisan plat et vide. Les media publics devinrent les instruments de la griotique officielle pour soigner l’image internationale d’un tyran que détestait que son peuple tandis qu’à l’extérieur du pays, il continuait à faire illusion.
Sa gestion des enlèvements d’otages occidentaux, son laxisme face à AQMI, sa complicité souvent insinuée par la presse occidentale quant au trafic de drogues et autres activités maffieuses dans le sahel finirent par le rattraper. Critiqué par ceux qui l’avaient fabriqué et lâché par ses amis occidentaux, il fût obligé à croiser le fer avec le MNLA sous la pression populaire. Soupçonné par les siens d’être de mèche avec la rébellion, il biaisa comme d’habitude. Les ‘replis tactiques’ successifs, les massacres de Aguelhoc et la déroute de Taoudénit firent par sceller son destin.
A l’analyse des faits, le coup d’Etat était inévitable. Aux raisons évoquées s’ajoute la volonté déguisée de ne pas quitter en réalité le pouvoir tant les intérêts en jeu étaient colossaux. Ceux qui en avaient fait leur parrain le pressaient de prolonger son mandat. Arguant de sa popularité on lui fit croire qu’il était indispensable. Le coup d’Etat intervenu au Niger voisin brisa leur élan. Le projet de referendum populaire pour relecture de la constitution aux fins de réviser le nombre de mandat fut rapidement enterré. La pression internationale de ses amis occidentaux déçus par sa roublardise fit le reste. On lui signifia nettement qu’il devait quitter la scène. On lui tressa de nouveau des fleurs déjà fanées de démocrate exemplaire.
Mais visiblement ATT n’avait pas dit son dernier mot. La préparation des élections fut bâclée. Le processus électoral était devenu un véritable champ de mines. Les appétits voraces des prétendants au pouvoir, tous pressés et certains de l’emporter à coup sûr fit le reste. Les contestations violentes des résultats électoraux étaient désormais inscrites à l’ordre du jour. Les débordements et la pagaille qui devaient s’en suivre serviraient de prétexte à ses généraux à l’affût pour reprendre la main. Tel était le schéma machiavélique qu’il avait tissé.
La mutinerie du 21 Mars déjoua complètement le complot manigancé contre son propre peuple. Le régime s’effondra comme un château de sable. Les insurgés surpris par la facilité avec laquelle ils s’emparèrent du pouvoir furent les premiers surpris. Les actes qu’ils posèrent relèvent d’une improvisation évidente.
Face à une telle situation la réponse des institutions africaines et internationales furent classiques : condamnation du coup d’Etat, exigence de restauration de l’ordre constitutionnel, suspension des aides, etc. Certains partis politiques de la place, éternels complices de ATT s’en firent l’écho comme il fallait s’y attendre. On sait belle lurette qu’ils ne représentent qu’une minorité vorace comme des requins, largement discrédités par leurs pratiques largement connus de l’opinion publique nationale. Continuer à présenter le régime ATT comme démocratique constitue une insulte à l’endroit du peuple malien qui a enduré tant de choses sous l’ère ‘démocratique’ à tel point que certains courants en son sein n’hésitent plus à dire qu’ils regrettent la période de dictature de Moussa Traoré. La ‘démocratie’ est elle pire que la dictature ? Question hallucinante que les maliens se posent désormais.
Déjà des schémas sont esquissés. ‘Gouvernement d’union nationale’ chantent déjà certains courants politiques soutiens bruyants de ATT hier et membres de la majorité sortante. En aucun moment au plus fort de la crise au nord, ils ne posèrent aucun acte patriotique, résolus qu’ils étaient à cautionner le régime déchu. Reprendre les mêmes et recommencer la même chose c’est perpétuer le système ATT sans ATT.
Le redressement de la démocratie malienne et la restauration de l’Etat passent nécessairement par une période de transition dirigée par des patriotes sincères n’ayant aucunement trempés dans la gabegie actuelle. Eux seuls sont à même de nettoyer le pays et de le remettre sur les rails. Il faut tourner définitivement la page de la classe politique actuelle, faire appel à des hommes neufs et intègres et redéfinir un nouvel espace à la vie publique en changeant de façon novatrice les conditions mêmes de l’exercice démocratique au Mali. C’est la seule façon pour le Mali de renouer avec l’Histoire.
Déclaration du Parti SADI contre la tentative de Coup d’Etat en Equateur
Certains secteurs dégénérés de l’armée et de la Police et proches de l’ancien Président renversé Lucio Gutierrez, en complicité avec des éléments de l’opposition de droite ont fomenté un Coup d’Etat visant à renverser le Président Rafael Correa, à dissoudre les Institutions démocratique et à mettre un coup d’arrêt au processus de transformation politique, économique et sociale en cours en Equateur.


